vendredi 20 février 2009

Le "Parler Vrai"



Ca y est, j'y suis, mon premier « article », ma première « oeuvre »....wouaaah, comment je me prends la tête, moi!


Cigarette à la bouche et Tracy Chapman dans les oreilles, les conditions sont réunies pour me laisser aller à quelques divagations sur certains problèmes relationnels que nous pouvons parfois rencontrer.


Le « Parler Vrai »...


L'idée de cet article m'est venue suite à une expérience que j'ai vécue il y a fort bien longtemps, lorsque je n'étais encore qu'une jeune fille naïve et idéaliste, que je croyais encore au Prince Charmant., il y a des lunes de cela, des années lumière...c'était il y a six mois...oui, je sais, on ne se refait pas...


Si j'entends beaucoup d'entre nous se plaindre, à raison parfois, du manque de sensibilité de leur conjoint, j'avais pour ma part trouvé LA perle rare. Un homme d'une sensibilité à fleur de peau, amoureux des arts et de la poésie, capable de comprendre mes tortueuses pensées de femme.


La preuve, quand je commençais à râler pour n'importe quoi (chose pour laquelle, je l'avoue, je suis très douée!), il ne me demandait pas si j'avais mes règles!!! Un animal rare, en voie d'extinction, une espèce qui devrait être, selon moi, protégée par la SPA et Greenpeace réunis. Rien à voir avec ce que j'avais connu auparavant...


Ah ça oui, ça me changeait des autres gorilles que j'avais eus dans ma vie, pour qui « chef, un p'tit verre, on a soif » était le summum de la poésie française, ou qui pensaient que « Nietzsche » était une nouvelle marque de machine à laver.


J'étais aux anges, persuadée d'avoir trouvé mon alter ego, la réponse à mes prières quotidiennes. Oui mais voilà, le problème avec les poètes, c'est qu'ils ne savent plus parler normalement! Si, au début, je trouvais cela mignon qu'il me dise bonjour en récitant Voltaire, je dois dire qu'au fil du temps, notre communication était un peu, même beaucoup, décalée. Lorsqu'il s'est senti obligé de chanter la 5ème strophe du « Don Giovanni » de Mozart pour me demander le sel, j'ai senti en moi monter une vague de haine contre l'opéra, un tsunami de dégoût pour les beaux mots, un ras-de-marée de nausée pour la langue française.


Comme dans toute relation suivie et assumée (ce qui n'est pas toujours le cas), arrive bien sûr le moment de s'avouer ses sentiments, de passer du « je t'aime bien » au « je t'aime » tout court, de commencer peu à peu à imaginer un avenir commun. Et là, il n'a pas été capable de trouver les mots justes...alors il a décidé de me tromper. Réaction typiquement masculine: ce que je n'arrive pas à exprimer avec des mots, je l'exprime avec le corps...j'aurais juste préféré que sa verve corporelle s'adresse un peu plus à moi qu'aux autres, mais bon...


Deux minutes, je me roule une clope...


Voilàààà....alors, qu'est-ce que je disais, moi...ah oui!


Donc rupture et tout ce qui va avec, le package complet larmes-colère-dépression tout en un! Je vous passe les détails, nous avons toutes connu ça...


Ce qui nous intéresse, c'est la suite. Nous arrivons (enfin) au coeur du sujet, le « Parler Vrai ». Car je me suis rendue compte, avec le recul, en ressassant nos discussions, en relisant encore et encore les messages échangés, en passant des heures et des heures sur son profil Facebookien, qu'il utilisait des codes!


Et oui! En fait, il avait essayé de me dire qu'il voulait me quitter, qu'il me trompait, qu'il se sentait perdu, mais d'une manière toujours si compliquée et mystérieuse que je ne le comprends que maintenant, c'est à dire trop tard.

Il m'avait tout dit, m'avait tout avoué, et moi je n'avais rien vu! Non pas que je me sente fautive de cela, faut quand même pas déconner, mais je suis restée sur le cul de voir que deux personnes si proches n'arrivent finalement pas à communiquer! C'était absurde! J'en ai même ri! Oui, enfin, un petit peu...


Ma belle histoire d'amour n'était en fait qu'un vulgaire jeux de mots, une charade, un calembour...


J'en ai donc retenu une chose, me méfier de ceux qui ne sont pas capables de dire tout simplement « je ne sais pas si je t'aime ». Phrase qui pourrait paraître cruelle aux yeux de certaines d'entre vous, mais qui à mes yeux, suite à cette expérience, apparaît comme une bouffée d'honnêteté rafraîchissante.


Nous crions souvent haut et fort que nous ne voulons rien d'autre qu'une relation vraie et authentique, mais soyons franches, mesdames, nous espérons surtout que nos hommes nous disent ce que nous voulons entendre. Qu'il nous dise « je t'aime » entre chaque cuillerée de céréales. Qu'il nous dise « tu es belle », même un lendemain de guindaille. Qu'ils nous disent « pour toujours », même si nous, nous doutons de lui parce qu'il laisse des poils dans la baignoire.


Bref, le « Parler Vrai » va dans les deux sens...


A force d'utiliser les mots, ils en perdent leur nectar. S'il vous dit aussi souvent « je t'aime » que « je ne rentrerai pas tard, promis! », comment fait-on pour savoir que ces mots ont encore un sens? Qu'ils ne sont pas mécaniques?

Ne vaut-il pas mieux un homme qui vous le lâche peut-être rarement, mais toujours au moment qu'il faut, quand vous vous y attendez le moins, ou quand vous en avez besoin le plus...

Bon, d'accord, l'idéal serait d'avoir un homme qui le dise tout le temps en le pensant très sincèrement, mais bon, les filles, réveillez-vous!


La vérité nous fait peur, car nos histoires de coeur sont fragiles, et nous veillons à en prendre soin, quitte à dire des choses qu'on ne pense pas. A vouloir trop bien faire, nous réduisons nos mots à de simples réflexes. Et quand vient le jour de se dire la réalité telle qu'elle est, on bafouille, on bégueye, car on ne nous a pas appris quel code utiliser dans ces cas-là.


Dans un couple, il n'y a rien de pire qu'une sécheresse de mots...


Chef! Un p'tit verre, on a soif!


Féline

6 commentaires:

  1. Très bon premier article, ma Féline!!!! Très drôle et très vrai!!!!

    A ta réflexion, j'ajouterais ceci: si le silence est d'or, alors les hommes sont beaucoup plus riches qu'on ne le croit!!!

    Tantôt ils tournent autour du pot pendant 3h, si pas 3 mois, enrobent leur "finalement, on va s'arrêter là" de sucre poétique, de miel baudelairien écoeurant; tantôt ils nous lâchent cette phrase trop souvent entendue "je ne suis pas prêt pour une relation", à laquelle peut s'ajouter "j'ai toujours mon ex dans la tête, dans le coeur ou dans le corps" - vaut mieux fuir à toutes jambes dans le 3e cas... -; et tantôt, ils peuvent nous laisser dans le silence le plus absolu.

    Et ça, c'est la pire des propositions, je pense. Parce que nous, on attend. Un mail, un coup de fil, un sms, une petite note de bureau qui nous dira "au fait, c'est fini". Comme ça, on est fixée, quoi!!! Le silence est la solution des lâches et Dieu sait combien ils sont nombreux...

    Et à l'opposé de tout cela, il y a ceux qui parlent trop... Marrant, je réfléchissais justement ce matin à ces compliments qui sont répétés inlassablement et qui finissent par ne plus rien dire du tout... Imaginez que Gabin aurait répété tout au long de "Quai des Brumes" son "t'as de beaux yeux, tu sais", la Morgan, elle serait partie en courant!!!!

    Allez, les gars, essayez de trouver un juste milieu... C'est pas si compliqué que vous le croyez.

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  2. HHHmm pas mal finalement ce blog, pour faire passer des messages à la faune, euh, la gent masculine. Je suis sûre que le SITB_Gossip pourrait être déclaré d'utilité publique par ces messieurs, qui n'auraient plus besoin de sonder les profondeurs abyssales des pupilles de leurs femmes pour tenter de comprendre ce qui se trame sous leurs blondes caboches, une simple visite de ce blog leur fournissant toutes les réponses aux questions qu'ils se poseraient. La vérité toute nue. Toute crue? Donc, dommage que ton Prévert des Favallas (cliché, quand tu nous tiens...) ne comprenne que le portugais et l'italien...

    Mais il y a quelque chose me taraude...Es-tu sûre qu'il s'agit bien d'un homme? Parce que les codes, les messages cachés, les messages en filigrane, en sous-texte sous-entendus, les perches tendues, les balles à saisir au bond... tout cette allégorie n'est-elle pas l'apanage des filles? Je pense qu'un coup de fil à Monsieur Helbo (éminence grise de l'ULB, Professeur Esse Sémiologie de nos folles années)s'impose, pour lui sommer d'aller faire un tour sur le profil FB de ce jeune hidalgo...

    Revient cette éternelle question : les hommes n'ont-ils pas le gêne de la communication? Ou l'ont-ils, mais un vieux gêne mutant, qui transforment leurs "paroles, paroles, paroles" en borborygmes (voire en rots ou en grognements.) Chers hommes, nous attendons votre point-de-vue...

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  3. et oui, il s'agissait bien d'un homme, mais dont la part féminine transparaissait énormément!

    en fait, il aurait fait un homo génial :)!

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  4. Déso, je passe un petit message privé : les filles, je ne peux plus vous répondre par mail aujourd'hui! J'ai envoyé mon quota de messages pour les prochaines 24h sur Hotmail (oui, c'est possible),ma boîte Sanoma est full et mon adresse Skynet n'est pas accessible sur cet ordi.

    Donc, Clem, je ne peux actuellement t'aider mais je vais faire des fouilles...

    Drichette-tired-of-using-technology

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  5. Et oui, le parler Vrai...

    Ca me fait penser à une conversation d'il y a moins d'une heure que j'ai eu avec l'homme (dans la salle ,pour la petite précision inutile)!

    On pourrait la résumé comme ceci: Voici ce que je veux entendre!!!! Alors qu'il m'en dit des jolies choses mais à sa manière et j'ai pas toujours le décodeur :-)

    Donc suite à ton article, je vais le laisser s'exprimer et apprendre à le décoder !

    En tout cas ton article m'a bien fait rire et rappeler beaucoup de souvenirs (bon ou mauvais).

    J'attends le prochain avec impatience

    Valentine (la copine de primaire de Clem)

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  6. Ah, merci beaucoup Valentine!

    C'est un peu ça aussi, le but de ce blog, c'est d'arriver à rigoler de nos petits (ou gros) soucis.

    Je vois que toi aussi tu viens d'acquérir un "prototype" masculin sans le mode d'emploi, eh bien ne te tracasse pas, les femmes n'ont pas l'apanage de la complexité, les hommes sont tout aussi nébuleux que nous!

    Alors j'espère que vous vous mettrez au diapason! Ne perd pas courage :)!

    Bisous!

    Féline

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