mardi 10 mars 2009

Une vie de mouche...

Une vie de mouche…


Comparer son quotidien à celui d’une bêbête. Après tout, la métaphore n’est pas nouvelle, il y a eu Sartre, La Fontaine, Kafka et d’autres Plumes ( la mienne porte une minuscule !) pour divaguer sur le sujet.
J’aurais aimé trouver une idée originale, une métaphore inédite mais je suis comme je suis…et je suis une mouche !!!
J’aurais pu choisir un autre insecte un peu plus glamour, un papillon aux chattoyantes couleurs, une mante religieuse mais loin de moi toute prétention ! Je ne vous dois que la vérité. ;-)
Rien qu’une mouche.
Même pas une bourdonnante, même pas une à caca, pas la tsé tsé, même pas une mouchette de poubelle.
Malgré moi, je suis une mouche à pédés.
Je me permets de lâcher le mot interdit car ce sont eux qui m’ont ainsi baptisée.

Mais comment se reconnaît-on mouche à Zaza Napoli ? Je vais décliner mon identité en racontant quelques anecdotes.

Petite, au cours de solfège, j’étais déjà amoureuse du seul garçon soprano de la classe. Nous suivions la même partition, chantions les mêmes portées survolant les octaves supérieures, les mains entrelacées sous le banc. Alors que les autres se moquaient de la voix fluette de ce mignonnet au teint rosé, moi, dès qu’il poussait une note, mon cœur battait la chamade.

Les soirs de sortie des parents, mon frère et moi aménagions une piste de danse dans le salon, en poussant les lourds canapés, pour apprendre les chorégraphies de Madonna. D’autres études étaient consacrées à Lisa Minelli, travaux pratiques sur les chaises de cuisine, en maillot de bain, crème Nivéa plaquée sur les yeux pour copier son costume et ses faux cils blancs de « Cabaret » !
L’autre frère se chargeait de mon éducation musicale, en me collant du Queen dans les oreilles. Mais j’aimais encore plus les salopettes ultra moulantes de Freddy et le clip d’ « I want to break free ».

Oui, j’ai grandi avec un frère de l’autre rive. Conditionnement ou ouverture d’esprit ? Cela m’a sans doute façonnée.
Mais même sans son coup de pouce, j’ai toujours été fascinée, attirée par la féminité refoulée ou affichée des hommes.
J’ai vu « Farinelli » cinq fois au cinéma, je trouve qu’Antonio Banderas n’a jamais été aussi sexy que dans « Philadephia », je n’ai pas reporté le complexe d’Œdipe sur mon père ( qui dans la trentaine promenait un physique à la Magnum, over poilu et musclé !) mais sur mon plus grand frère, alors imberbe et muant !
J’avais le béguin pour mon prof de solfège. Lui aussi, un homme, ô, comme ils disent !
Certains de mes galants d’adolescence ont viré leur cuti, d’autres ont vogué à voile et à vapeur… J’ai hurlé de rire quand, il y a quelques temps, au détour d’une soirée, j’en ai recroisé un dans une posture « gay trashy »…

Et toutes mes histoires amoureuses ou sexuelles sont truffées de curieux petits détails : il est coiffeur, il a de petites manières, il fait pipi assis, il soigne sa pilosité aux aisselles, il ne porte jamais de large caleçon en coton, il est bi, il regarde en boucle les dvd de Sissi ou d’Angélique les dimanches de pluie, il vénère sa maman, il se met de la crème de nuit, il boit du Coca Light et refuse le Zéro ,il a peint son appart en rose pâle, il m’emmène pour une séance intensive de lèche-vitrines, il pleure au cinéma, il sait dire qu’un autre est canon sans perdre un pan de dignité…

Bref, je ne suis pas habituée aux hommes qui se grattent les couilles au réveil, qui laissent traîner des poils dans la baignoire ou la lunette des toilettes relevée, qui ne savent pas recoudre un bouton, qui rentrent à temps pour ne pas rater l’hebdo sportif…
Les prototypes virils à souhait me refroidissent, m’indiffèrent.
SUIS-JE NORMALE ?

Je pourrais me lancer dans une thérapie freudienne, révélant un rejet de l’image paternelle, la peur d’être malheureuse dans le classique schéma de couple judéo chrétien…
Vous savez, je m’en fiche comme de ma première bambinette.

Cette vie de mouche en rose nacré me comble ! J’adore être draguée par Zaza dans la file du supermarché, je suis attendrie par les coups de fils donnés à sa maman, je raffole qu’il me lisse les cheveux…
Jusqu’au jour où, peut-être j’accepterai de rincer la baignoire après son passage !

Lolo, asa the Gay’s Fly, probably looking for her perfect man, no matter who he is…

Kisses et rendez-vous pour the Flying List!

3 commentaires:

  1. Trop mimi "miss Gay’s Fly".

    Je pense que nous sommes irrémédiablement attirer par ton style, ton humour et peut-être même ton sex-appeal.
    J'adore ton blog continue à nous enchanter.

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  2. La-Liste, La-Liste!!!!!
    Bravo Miss Gay's Fly,il est top, ton premier article!

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  3. je rejoins les commentaires précédents...aaah, que c'est bon de vous lire, les filles!!!!

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